L’inquiétante friche industrielle de Lunije

SEPT ANS plus tard. Tagueurs, « teufeurs » et joueurs de paintball ont leur exutoire. L’inquiétante et insalubre friche Lunije, à Taverny, en bordure de la société , est devenue leur squat.

Ces vieux ateliers de détergents et de décapants qui ont fermé fin 1994 sont à l’origine d’une grave contamination de la nappe phréatique par des solvants organohalogénés et des hydrocarbures. Faute de propriétaire solvable, l’usine est théoriquement sous la surveillance de l’Etat pourtant on y entre comme dans un moulin. D’anciennes factures d’achat de produits chimiques jonchent le chemin d’accès. La clôture, renforcée à grand frais en 1997,n’est plus que l’ombre d’elle-même. Le panneau annonçant à l’entrée « site dangereux » a valsé depuis longtemps. En cherchant, on en devine les morceaux sous un tas de gravats. Dans chacun des bâtiments, on constate des débuts d’incendie volontaire. Les entrepôts recouverts de plaques de fibrociment grincent lugubrement mais résistent. 372 tonnes de déchets ont été évacuées

Intérieur et extérieur sont entièrement bombés à la peinture, tout comme les cuves et deux bonbonnes. Des épaves de véhicules et des monticules d’ordures arrondissent la topographie des lieux. Quatre ans plus tôt l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie intervenait à la demande de l’Etat et évacuait du site 372,5 tonnes de déchets toxiques (solvants et acides très corrosifs), stockés en bidons et en fûts.

C’était à l’époque où le maire de Tavemy, Maurice Boscavert (PS), tenait des conférences de presse dans l’usine, un masque de protection sur le visage, pour supporter les émanations chimiques. « Malheureusement les pouvoirs publics ne font plus rien depuis deux ans. La nappe phréatique est toujours aussi polluée », regrette-t-il aujourd’hui. Selon la , de nouveaux piézo mètres (NDLR : instruments servant à mesurer la compressibilité des liquides) devraient cependant être installés dans un mois pour mieux contrôler l’état des eaux souterraines.

jeudi 15 novembre 2001 par Claire GUEDON (Le Parisien)

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