Pas de référendum sur le projet de collège

EST-IL BIEN RAISONNABLE d’implanter un de 600 élèves sur les terrains de l’usine , amenée à rejeter des fumées toxiques et appelée à stocker des matières inflammables et dangereuses ? La question vient d’être posée à l’occasion d’un débat restreint organisé par le maire de Beauchamp, Raymond Lavaud (DVD). Malgré l’avis défavorable de la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement, la municipalité est fermement décidée à implanter cet établissement scolaire à 300 mètres du fabricant de rubans adhésifs, d’abrasifs et de produits de papeterie, en bordure de Taverny. Les présidents d’associations, dont celle des parents d’élèves, ont participé à la petite réunion d’information, en compagnie des représentants de la , de 3M et des sapeurs-pompiers. La polémique n’est pas prête de s’éteindre tant les positions demeurent contradictoires sur le dossier.

« Pas la même rose des vents »

« On nage dans le flou complet », estime Régis Brasseur, élu Verts. « Vu les divergences, il serait normal que le public soit correctement informé puis consulté sur le sujet, estime Elisabeth Drouin, à la tête d’. Plusieurs participants dont Sid Ahmed Yahiaoui, opposant au maire ont par ailleurs demandé l’organisation d’un référendum d’initiative locale.

« Raymond Lavaud a catégoriquement refusé. Il nous a accusés de vouloir nuire aux intérêts des habitants », précise Elisabeth Drouin. Les discussions ont achoppé sur la direction des vents dominants. Selon la Drire et 3M, le futur collège se situe dans l’axe des rejets aériens, contenant notamment des composés organiques volatiles. Cartes et relevés météo à l’appui, le premier magistrat aurait alors riposté qu’il n’y avait aucun risque d’exposition aux fumées. « Nous n’avons pas la même rose des vents », voilà ce qu’aurait aussitôt répliqué un des responsables de l’usine à Raymond Lavaud.

La municipalité souhaite aller jusqu’à l’expropriation

Malgré ces doutes, la municipalité souhaite aller jusqu’à l’expropriation. « Un gymnase vient d’ouvrir juste à côté de 3M et personne n’a alors protesté », souligne encore le maire, sûr de son fait. Quoi qu’il en soit, la construction du collège a été arrêtée au début de l’année par le conseil général. L’ouverture est prévue dans un an et demi. Les participants à la réunion ont aussi effleuré le cas de Lunije, une friche industrielle hautement polluée et située à 400 mètres du futur établissement scolaire. Fermés depuis 1994, ces anciens ateliers de détergents et de décapants sont à l’origine de la contamination aux solvants de la nappe phréatique. Sur ce second problème, les incertitudes et les craintes restent nombreuses.

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