Projet de collège : Raymond Lavaud tente de rassurer

Le flou semble entourer le futur de Beauchamp. Ce projet auquel le maire tient tant est toujours dans le collimateur de la , qui évoque les . Raymond Lavaud parle de « zèle administratif »…

Un certain flou entoure toujours le projet de collège à Beauchamp et ce n’est pas la récente réunion d’information, organisée par le maire, qui l’a dissipé.

En écrivant un courrier au préfet pour y exposer toutes ses craintes de voir un établissement accueillant des enfants à proximité d’une usine industrielle classée (), la DRIRE a jeté un pavé dans la mare. La Direction régionale de l’industrie de la recherche et de l’environnement a en effet émis les plus vives réserves à ce projet, pour ne pas dire son .

Le projet, déjà mal engagé avec le refus par la société 3M de céder son terrain à la commune pour l’implantation du collège, en a pris encore un coup. Une tournure qui a le don d’exaspérer Raymond Lavaud, le maire de Beauchamp, qui avait déjà dû batailler contre son collègue socialiste de Tavemy, Maurice Boscavert pour l’obtention de ce collège. Le Conseil général avait fini par trancher à la faveur de Beauchamp, laissant un goût amer aux élus tabemaciens, pour qui l’implantation d’un collège à Tavemy était le gage d’une certaine forme de mixité sociale.

Projet inscrit au POS depuis 1977

L’implantation d’un collège à Beauchamp n’est pourtant pas un projet nouveau, sorti du chapeau. Le site, derrière l’usine 3M, est en effet inscrit au Plan Local d’Urbanisme (anciennement POS) comme emplacement « réservé » depuis… 24 ans ! Face à la controverse qui ne cesse de s’amplifier localement, le maire, après avoir toujours dit à l’opposition municipale qu’il accordait toute sa « confiance » à la 3M et qu’il ne croyait donc pas à de quelconques risques industriels, même depuis l’accident de l’usine AZF de Toulouse, a organisé une réunion d’information. Une cinquantaine de personnes (les élus, les représentants de la 3M, la DRIRE, un représentant des sapeurs-pompiers, des responsables d’associations beauchampoises) se sont retrouvées le 29 novembre.

« Cette réunion était une bonne chose, il y avait une certaine opacité autour du dossier », souligne Régis Brasseur, conseiller municipal Verts. Selon l’élu, la 3M « a joué la transparence ». Il précise : « La société a expliqué qu’elle manipulait des matières inflammables et qu ‘elle était soumise à autorisation par la Drire. On a par ailleurs appris que les émissions polluantes avaient été réduites de 90% en dix ans et que la DRIRE leur demandait de les baisser d’encore 50%. Rétrospectivement, cela fait un peu peur, cela explique les mauvaises odeurs qu’il y avait avant ».

La DRIRE fait-elle du « zèle » ?

Pour ce qui est du collège, selon Régis Brasseur, la 3M aurait expliqué qu’elle renâclait à céder son terrain car, souhaitant se développer dans l’avenir, elle craint que le collège l’en empêche. Le maire de Beauchamp, Raymond Lavaud , veut quant à lui rassurer et souligne que la société 3M « d’une part, n ‘est pas classée SEVESO, d’autre part, tous les risques inhérents aux produits fabriqués par 3M sont répertoriés et font l’objet d’une , qui est complétée par un processus continu d’analyses et d’évaluation des risques ». L’élu précise que « la 3M n’est pas opposée au collège (…) Si elle le souhaite, une révision du POS permettra son extension à proximité de la ZAE de Tavemy ».

Au sujet de la DRIRE (« [elle] a cru devoir alerter monsieur le préfet sans même prendre connaissance du dossier »), le maire ne cache pas son agacement. « Pourquoi ce zèle administratif ? », s’interroge l’élu. « Jusqu ‘à présent, il n ‘existait pas de contestation. D’autres équipements fonctionnent, reçoivent des centaines de personnes et sont situés à une distance inférieure à celle de ce futur collège ».

« La DRIRE a expliqué qu ‘elle n’avait jamais été consultée, au sujet du gymnase par exemple, car ce n ‘était pas un terrain industriel », rapporte Régis Brasseur.

Pour conclure, ce dernier précise qu’il n’est pas « opposé au collège comme voudrait le faire croire M. Lavaud ». Et ajoute : « Je veux juste avoir des garanties de quant à la des enfants qui fréquenteront l’établissement. Or aujourd’hui, on ne sait pas grand chose ». Mais pour Raymond Lavaud, cette question de sécurité n’est pas négligée. « A-t-on oublié que l’objectif premier de ce collège est de donner aux 500 familles de Beauchamp et quelques unes de Tavemy, la possibilité de voir leurs enfants étudier à Beauchamp, dans de bonnes conditions, sans contraintes de déplacement ? Le maire et le conseil munipal tiennent aussi à garantir leur sécurité ».

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