Le projet de collège controversé au point mort

« L’EXCÈS DE POUVOIR risque de nuire gravement à la des futurs collégiens. » Parodiant les célèbres mises en garde inscrites sur les paquets de cigarettes, la pique est affichée en petits caractères, au bas du bulletin de l’association Alternative citoyenne, représentée en conseil municipal de Beauchamp par l’opposant Régis Brasseur (Verts). Distribué à 5 000 exemplaires dans les boîtes aux lettres et sur le marché, le tract s’arrête longuement sur le projet controversé de troisième . Destiné à soulager les deux établissements de Taverny qui comptent au total 1 800 élèves, il pourrait être bâti sur un site jugé à risques chimiques.

La construction supplémentaire a été officiellement décidée par le département il y a un an. Reste que la ville de Beauchamp propose un terrain de 2,7 hectares, propriété de la société 3 M et donc à 300 mètres d’une industrie polluante. L’usine stocke des produits inflammables et rejette également dans l’air des fumées toxiques, contenant en particulier des composés organiques volatils connus pour leurs effets cancérigènes. Par ailleurs, à 400 mètres de l’emplacement prévu se trouve l’ancienne société chimique Lunije (voir encadré).

Ces données objectives ont poussé la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement () à émettre un « avis défavorable » sur l’implantation d’un établissement de 600 élèves. Depuis lors, une analyse a été commandée dont les résultats se font encore attendre.

Le site proposé est à 300 mètres d’une industrie polluante

Le projet en l’état semble aujourd’hui au point mort. Les élus de Beauchamp ont constaté la semaine dernière au cours du débat d’orientation budgétaire qu’aucune dépense sur le sujet n’était programmée cette année. « Le maire a laissé entendre qu’on lui avait mis des bâtons dans les roues et que, pour cette raison, rien ne verrait le jour en 2002 », rapporte Valérie Gonçalves, opposante communiste. Impossible de savoir ce qu’est devenue la demande d’expulsion déposée par le premier magistrat, Raymond Lavaud (DVD). Sollicité à plusieurs reprises, ce dernier n’a pas souhaité répondre. La société 3 M a aussi choisi de rester discrète.

Le maire de Taverny, Maurice Boscavert (PS), a interpellé par un courrier, envoyé lundi dernier, François Scellier (UDF), le président du conseil général. « Ce dossier important ne semble pas mobiliser vos services », lui écrit-il en substance. Il lui rappelle également que le site de 3 M « devait faire l’objet d’études de risques prescrites par arrêté préfectoral de janvier 1999 ». L’élu glisse enfin que l’idée d’un troisième collège sur sa commune ne lui déplairait pas. Pour le moment, François Scellier se contente d’affirmer que « l’affaire ne traînera plus longtemps ».

Claire GUEDON – Le Parisien – 2 février 2002

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