Projet de collège sur un terrain contesté

Le préfet vient d’ouvrir l’enquête publique relative à l’acquisition d’une parcelle appartenant à la société afin de permettre à la municipalité d’avancer dans le projet de . Un projet contesté par l’ municipale mais aussi par la car l’emplacement est proche d’une usine à risque.
Pendant un mois, les habitants sont invités à donner leur opinion sur le projet d’implantation d’un collège à Beauchamp. En fait, l’enquête publique qui vient d’être ouverte porte sur un aspect technique du dossier puisqu’il s’agit de l’acquisition par la commune d’une parcelle de 2,5 hectares appartenant à la société américaine 3M devant permettre l’implantation du futur établissement. Ce projet de collège prête à controverse depuis plus d’un an. En cause, la dangerosité potentielle des lieux.

La Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (DRIRE) faisait connaître il y a un an au préfet du Val-d’Oise ses réserves quant à un tel projet. Le terrain réservé au collège se situe à proximité immédiate d’une usine classée qui stocke des produits inflammables et toxiques en grande quantité. L’établissement serait, selon des analyses données par la 3M l’an dernier lors d’une réunion d’information, directement sous les vents dominants. Le terrain est en outre tout proche du site de l’ex-usine Lunije (située à Taverny), fermée et dont la des sols aux solvants a été avérée après le départ de l’entreprise en 1994.

Le projet de collège inquiète. L’opposition municipale ne manque pas de dire tout le mal qu’elle en pense. « Nous pensons qu’il est dangereux de mettre 500 jeunes à proximité d’une usine dangereuse, estime Régis Brasseur, conseiller municipal (Verts). Le risque zéro n’existe pas. 11 est nécessaire d’appliquer le principe de précaution. Depuis l’accident de l’usine AZF à Toulouse, on se rend compte que la loi et le contrôle des usines à risque est obsolète. Nous pensons que l’aménagement du territoire doit être pensé à long terme et de façon réfléchie ». Selon l’élu, le maire de Beauchamp « s’entête » dans ce dossier et manipule « la désinformation en endormant la population ». Régis Brasseur estime que le maire ne fait pas passer l’intérêt général. « Il cherche juste à construire un collège à tout prix à Beauchamp uniquement parce qu’il ne veut pas que ce soit Taverny qui l’obtienne. C’est un jeu politicien ».

La pointe Barrachin, inscrite au Plan d’occupation des sols de Beauchamp depuis 1977 comme réservée pour le collège, est restée près d’un quart de siècle dans un placard avant de ressortir subitement. Les jeunes Beau- champois sont obligés d’étudier à Taverny dans des établissements surchargés (celui du Carré Sainte-Honorine et Georges- Brassens). Objet d’une polémique entre le maire (PS) de Taverny et celui de Beauchamp (DVD), le projet, mis dans la balance par le Conseil général, a penché côté Beauchamp :

Toujours du côté de l’opposition, Bruno Martin (PS) vient de faire distribuer un tract dans lequel il évoque le terrain « très contestable » choisi par la municipalité. Jugeant le choix d’implanter collège et équipements sportifs “près d’installations industrielles reconnues dangereuses » comme « irresponsable », le leader de “Beauchamp autrement” appelle la population à s’opposer à l’implantation du collège à la pointe Barrachin et propose « une étude de faisabilité » sur un autre terrain, près du stade. « Le maire répond que ce terrain est en zone verte et qu’il faudrait changer le POS… Étudions au moins cette alternative, pourquoi cet entêtement ? », s’interroge Bruno Martin. Ce dernier craint par ailleurs qu’aller à l’encontre de la 3M, qui est semble-t-il opposée au projet pourrait convaincre l’entreprise de partir définitivement, alors qu’une centaine d’emplois doit disparaître prochainement du fait fermeture de l’unité d’abrasifs.

Contacté par téléphone lundi, le maire n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Laisser un commentaire