Le futur collège de Beauchamp suscite des réactions en masse

Le Parisien 20021116

« NOUS JOUERONS les prolongations si nécessaire… M. le maire, nous ne sommes pas à cinq minutes. Il faut que tout le monde puisse s’exprimer. » Le commissaire enquêteur a dû faire preuve de patience. L’enquête publique, consacrée au projet de , est officiellement close mais, hier midi, à l’hôtel de ville de Beauchamp, une dizaine de personnes discutent encore dans la salle où sont exposés les plans. La possible construction d’un établissement de 600 élèves, à 200 mètres de 3 M (fabricant de rubans adhésifs) et à 400 mètres de la friche polluée Lunije, fait beaucoup parler. « On se croirait en campagne électorale », ironise un témoin.L’embouteillage de dernière minute agace même les deux ou trois retardataires qui attendent debout pour pouvoir consigner leurs observations. Quatre cahiers de registre remplis, des dizaines de lettres et des opinions très diverses : selon les premières estimations, plus de 600 avis ont été notifiés par les habitants, qu’ils soient parents d’élèves, élus locaux et même salariés de 3 M. « Vivement que cela se termine », lance, en guise de boutade, Raymond Lavaud (divers droite). Le maire est, en fait, content. « Je suis satisfait de l’ampleur de la participation, précise-t-il. Nous avons proposé, la population a désormais choisi. »
L’avis défavorable du personnel de 3 M

Même le préfet du Val-d’Oise a tenu à entrer dans le débat. Il y a trois semaines, il a adressé au commissaire enquêteur les courriers de la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (). Celle-ci y exprimait ses réserves et estimait le projet ni opportun ni judicieux, en raison des matières inflammables stockées et des fumées polluantes rejetées par 3 M. Des centaines de remarques, il ressort, en tout cas, le besoin d’obtenir un collège propre à Beauchamp. Il se dégage aussi cette crainte de voir le groupe américain 3 M quitter la commune, pour échapper aux éventuelles contraintes et dépenses financières supplémentaires liées à l’arrivée de 600 élèves.

Dans ce ballet de l’information, les représentants du personnel de 3 M Beauchamp ont signifié collectivement leur « avis très défavorable », jugeant « irresponsable d’implanter un collège aussi près d’un site industriel (…), mettant en oeuvre des produits dangereux. » Ils ajoutent encore : « Il est clair que, dans ce contexte, chacun des salariés va se sentir directement ou indirectement responsable de tout incident ou accident pouvant se produire et ayant des conséquence graves. »

Laisser un commentaire