Le site choisi pour le collège jugé trop dangereux

Le Parisien 20030130

« AMBIANCE passionnée », « contexte pesant »… Dans son rapport remis au préfet, le commissaire-enquêteur n’a pas hésité à souligner le climat tendu qui a entouré la consultation des habitants sur le projet de , à Beauchamp. Très attendu, son avis a été rendu public hier après-midi. « Au nom du principe de précaution », il se dit « défavorable » à l’implantation d’un de 600 élèves sur les terrains industriels de 3 M. L’établissement scolaire est prévu à 200 m de l’usine qui stocke des matières inflammables et rejette dans l’air des composés organiques volatils (COV), dangereux pour la santé. A 400 m se trouve la friche Lunije, dont les anciens ateliers de décapants sont à l’origine d’une grave aux solvants de la nappe phréatique.

Ce qui n’est qu’un avis pourrait bien signer l’arrêt de mort de ce projet défendu par la municipalité et avalisé par une délibération du conseil général, il y a deux ans. Obstiné, le conseil municipal décidait en juin 2001 d’acquérir les 2,7 ha par l’expropriation de 3 M de la parcelle. Les habitants ont été consultés un an et demi plus tard, par enquête publique, fin 2002.

508 observations et cinq cahiers de registres. Sur les 508 observations, un nombre exceptionnel, 308 sont favorables au collège. Le commissaire relève que la municipalité a fortement « incité » les habitants, en particulier les associations de parents d’élèves, à venir approuver le projet… Les représentants des 700 salariés de 3 M avaient quant à eux émis un avis défavorable, tandis que la Direction de la recherche, de l’industrie et de l’environnement () jugeait le projet « ni opportun ni judicieux ». Sollicitée, la direction de 3 M indiquait dans un courrier s’opposer au collège pour trois raisons : industrielle, environnementale et économique…

Les motivations du commissaire-enquêteur. Son avis défavorable repose sur les notions de risques industriel et environnemental : la présence de 815 m 3 de produits inflammables et de 45 t de matières toxiques. Au stockage s’ajoute le problème des émissions de COV. A ce sujet, 3 M a remis à la Drire une étude de santé minimisant les conséquences de ces fumées. Mais ces analyses n’ont pas été validées. « Le doute l’emporte », conclut le commissaire, bien qu’il précise que « la nécessité du collège a été reconnue ».

Les réactions. Régis Brasseur, conseiller d’ vert, saluait hier « la décision courageuse du commissaire-enquêteur ». Valérie Gonçalvès (PC) se disait « déçue » et s’interrogeait sur les risques pour les riverains dont les habitations sont à moins de 50 m de l’entreprise. La direction de 3 M affirmait de son côté ne pas avoir été encore avertie.

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