Mains dans les poches…

La commission pour l’accessibilité créée  en 2008 par la municipalité de Beauchamp, n’a jamais été convoquée. Pourtant, la loi du 11 février 2005 pour « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » demande une prise en charge progressive, citoyenne et responsable de la part de tous les acteurs de la vie publique. Trente ans après la loi d’orientation en faveur des personnes handicapées, elle vient préciser les dispositions et surtout mettre en place des obligations (au lieu des incitations).
Les dispositions concernant l’accessibilité à l’éducation, à l’emploi mais aussi au cadre bâti – particulièrement les établissements recevant du public (ERP) – ou aux transports sont principalement à destination des collectivités territoriales.
Cette commission avait donc du travail en perspective …

La progressivité des échéances introduite dans la loi avait pour vocation de ne pas mettre en difficulté ces collectivités qui n’avaient pas respecté l’esprit des lois successives. Malgré cela, nombre d’entre elles, et notamment Beauchamp, attendent le dernier moment pour tenter de se mettre en règle …

Sur le plan de la voirie, nous demandons depuis 2001, un diagnostic de l’ensemble des rues afin de pouvoir prioriser les travaux. En 2008, le choix de l’UMPBeauchamp pour la réfection de certaines rues ne nous était pas apparu évident au regard de leur fréquentation et de leur état. Des réfections non programmées et l’annonce de la rénovation de l’avenue des Sapins (encore une fois!), nous interrogent sur « les politiques » menées par « les municipalités » successives. Elles dénotent une absence de réflexion manifeste  au niveau des investissements. De plus, le programme de « l’actuelle majorité » ne prévoyant pas de concertation avec les citoyens, il n’est guère étonnant que les préoccupations des Beauchampois ne soient pas entendues. Ainsi, aujourd’hui, nombreux sont ceux qui connaissent les embûches qui les attendent en se rendant au , au marché ou à la gare (chaussée Jules César, Avenue Georges Clémenceau, …). D’autant plus, s’ils éprouvent une difficulté : incapacité permanente (déficience sensorielle, motrice ou cognitive, vieillissement), temporaire (grossesse, accident, maladie…), de circonstances extérieures (accompagnement d’enfants en bas âge, poussettes…) ou encore s’ils doivent tirer une valise ou un panier roulant. En effet, les trottoirs défoncés, étroits peuvent être de véritables pièges. Souvent, on se trouve dans l’obligation de descendre sur la chaussée pour passer. Ne parlons pas des mauvaises conditions météorologiques, qui ont, ces derniers hivers, dégradé encore un peu plus l’état de nos trottoirs et chaussées…

Sur le plan des ERP, des bâtiments restent inaccessibles. Ainsi à la Chesnaie, l’apprentissage de la musique ou la participation aux manifestations ne sont pas ouverts aux personnes à mobilité réduite. Une faible partie seulement du bâtiment est accessible.
Fait encore plus marquant, le forum des associations de septembre 2011 ne comportait aucune indication sur la présence d’un ascenseur et bon nombre d’entre nous ont dû porter leur poussette ou attendre tout simplement à l’entrée que le conjoint aille aux inscriptions.

Sur le plan de l’emploi, la ville reste en dessous des 6 % de l’effectif total des personnels. Lors du Conseil Municipal du 15/12/2008, le Maire s’exprimait ainsi : « Quant à l’intégration des personnes handicapées dans l’effectif du personnel communal, il convient que leurs capacités soient en concordance avec les postes proposés ». Les collectivités ne remplissant pas ou que partiellement cette obligation doivent s’acquitter d’une contribution au Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique (FIPHFP). Il a pour objectif l’incitation à l’embauche : en percevant les contributions des collectivités en défaut et en redistribuant ces sommes à des fins d’accessibilité aux emplois (poste de travail, accession aux locaux …) vers les collectivités qui se mettent en règle. Pour pallier ses insuffisances, la commune vient de passer un appel d’offre pour un marché (septembre 2011) ayant pour objet : « Le diagnostic portant sur la gestion de l’obligation d’emploi des Travailleurs Handicapés ». Tout un programme !
Comme d’habitude, la municipalité, après avoir ignoré cette obligation, fait appel à des techniciens (non élus) pour minimiser sa responsabilité politique évidente.
Au lieu de voir nos élus, bien involontairement pour la plupart d’entre eux, « les mains dans les poches », il suffirait peut-être simplement que la commission pour l’accessibilité travaille en transversalité avec les autres commissions et que soit régulièrement posée la question :
« Ce choix permet-il l’accessibilité pour tous ? ».

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