Le Parisien : La renégociation d’un emprunt toxique provoque un nouveau clash

La renégociation d’un emprunt toxique provoque un nouveau clash

Alexandre Boucher | Publié le 23.09.2013, 07h00

La commune de Beauchamp sortira-t-elle de la crise? En proie à des difficultés financières, la ville est sous tutelle du préfet depuis avril. Ce dernier avait suivi les préconisations de la chambre régionale des comptes (CRC) en décidant d’augmenter les impôts via la . Lundi, lors du conseil municipal, un nouvel épisode est venu noircir le tableau. A la grande surprise des autres élus, le maire (UMP) Raymond Lavaud a annoncé avoir renégocié un des trois contractés auprès de la banque Dexia. Cette décision, prise sans en informer ses adjoints, a provoqué la démission immédiate de trois d’entre eux. Une quatrième devrait bientôt suivre.

« Ils ont mis la commune sous tutelle en m’empêchant de gouverner. J’ai donc trouvé normal de ne pas les consulter, explique Raymond Lavaud. J’ai toujours dit qu’il fallait sortir des emprunts toxiques. J’ai demandé l’autorisation au préfet de renégocier. J’ai autorité pour le faire. »

Un pouvoir que l’édile devrait perdre puisqu’il recevra bientôt un courrier lui intimant de convoquer un conseil municipal extraordinaire sous un mois avec l’obligation de mettre à l’ordre du jour le retrait de sa délégation de signature des emprunts. « On ne va pas le laisser continuer à faire n’importe quoi, annonce Franck Boullé, l’adjoint démissionnaire des finances. Pour décrocher un nouveau prêt de 690 000 €, il a renégocié le moins coûteux et le moins risqué des trois prêts toxiques. Il vient d’augmenter l’endettement, déjà lourd de la ville, de 3,7 M€ sur une durée de 24 ans, dont 3 M€ rien qu’en indemnités compensatrices de refinancement du prêt. On vient de passer d’un taux de 3,35 à 4,99% sur 24 ans et en plus on s’est pris une indemnité de remboursement anticipé de 600 000 €. »

Incompréhension et colère dominent dans l’opposition

Raymond Lavaud, lui, prétend avoir « travaillé dans l’intérêt de la commune. J’ai pris des conseils, je ne suis pas parti à l’abordage. On avait des taux qui pouvaient fluctuer. Là, on aura des taux fixes pas excessifs. On pourra savoir où on va. » Une vision que ne partagent pas les différents élus de l’opposition où l’incompréhension et la colère dominent. Pour Guy Bréchoteau, secrétaire adjoint du PS, ce nouvel épisode est « totalement surréaliste et grave », quand Patrick Planche et Francine Occis, qui conduisent respectivement les listes Alternative citoyenne pour Beauchamp et Un nouvel élan pour Beauchamp aux municipales de 2014, pensaient que la « avait signifié la fin des choix financiers catastrophiques. »

Françoise Nordmann, ancienne 1re adjoint qui s’était vu retirer sa délégation en mai 2012, s’est montrée moins virulente que lors de la mise sous tutelle. « Les difficultés financières de la ville ne datent pas d’aujourd’hui, indique la candidate aux municipales, investie par l’UMP. Le maire a renégocié un prêt potentiellement toxique. Ce qui m’intéresse c’est l’avenir. Pour les finances, on gérera ça en 2014. »

Le Parisien

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