La Gazette du Val d’Oise : Beauchamp : les salariés de 3M inquiets pour leur avenir

Beauchamp : les salariés de inquiets pour leur avenir

Ils se sont mis en grève lundi 7 octobre. Après l’arrêt annoncé de la production du Scotch®, les salariés du site 3M craignent pour leurs emplois et l’avenir du site.

Dernière mise à jour : 09/10/2013 à 17:23

 

Lundi 7 octobre, en matinée, devant 3M Beauchamp.
Lundi 7 octobre, en matinée, devant 3M Beauchamp.

Près de 200 salariés en grève se sont retrouvés lundi 7 octobre devant le site de 3M Beauchamp. «On n’a jamais vu une telle mobilisation !, a lancé Alain Doublet, délégué syndical Fo. La dernière grève remonte à 1997. On était 150 grévistes pour 800 salariés. On est aujourd’hui 200 pour 450 salariés». Un mouvement de protestation lancé par Force ouvrière (rejoint par la Cfe/Cgc et la Cfdt) à la suite de l’annonce de la suppression de 40 emplois sur le site (52 postes supprimés en fait, mais 12 postes reclassés sur le site), liée à l’arrêt prochain de la fabrication des rubans adhésifs Scotch®.

La production sera délocalisée aux États-Unis, à Hutchinson et le conditionnement se fera dans une autre usine en Pologne. 3M estime ainsi qu’elle va économiser sur les coûts de fabrication. Les syndicats, eux, dénoncent les nombreux départs des productions ces dernières années sur le site 3M de Beauchamp : les abrasifs, les Post-it® imprimés partis en Allemagne, entre autres.

Ils seront bientôt 392

Inquiets pour leur avenir et pour le site de Beauchamp, les salariés attendent des garanties pour les 392 salariés qui resteront après le “Plan de sauvegarde de l’”. Le site compte 432 salariés. Ils étaient 1 000 dans les années 80. «Le nombre de personnels présents montre clairement l’inquiétude», explique Alain Doublet. D’autant plus que toutes les strates, de la maintenance à l’ingénierie, et toutes les professions sont réunies».

«Réaliste», Alain Doublet ne demande pas l’annulation du plan, mais que 3M «remette des productions sur le site. Il ne nous reste que les Scotch-Brite® et les Post-it®, qui margent très peu. 3M lance régulièrement de nouveaux produits, mais il ne sont jamais pour Beauchamp. Il faut qu’on sorte des produits grand public et qu’on aille vers l’industriel. S’ils veulent vraiment fermer, signons un accord qui nous garantisse des mesures d’accompagnement social correct. C’est mieux qu’une épée de Damoclès au-dessus de la tête».

Alain Doublet dit ne «plus croire aux annonces de la direction. Les investissements dont elle parle, massicot et encollage à base d’eau, ils étaient nécessaires. On supprime des postes soi-disant pour notre bien. On nous retire une épine du pied pour courir plus vite, mais ce discours est tenu depuis 30 ans!»

Conseiller d’opposition, Patrick Planche, présent sur place avec sa collègue Sylvia Ceriani, ne dit pas autre chose. «J’ai récemment interpellé M. Lavaud, président de la communauté d’agglomération, en conseil communautaire. Je l’ai interpellé à nouveau en conseil municipal. Il faut que les responsables politiques se saisissent de cette question, pour que la direction de 3M nous dise clairement où elle veut aller. Malgré les promesses faites ces dernières années, il est évident qu’on va vers un démantèlement et une fermeture de 3M Beauchamp. Ça fait des années qu’on nous raconte n’importe quoi». En conseil municipal, lundi 7 octobre, le maire de Beauchamp, Raymond Lavaud (Ump), a expliqué avoir demandé un rendez-vous avec le directeur du site 3M après avoir eu connaissance du plan de suppression d’emplois.

Valérie Gonçalvès (Pcf), conseillère d’opposition, a demandé au maire à ce que soit convoquée rapidement une table ronde associant élus, salariés et direction de l’entreprise. Selon elle, «il faut stopper l’hémorragie.» Le député de la circonscription, Jean-Noël Carpentier (Mup), a de son côté écrit au président de 3M France, Koenraad Wilms, pour «connaître [ses] intentions quant à l’avenir des salariés».

Beauchamp, France

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