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Projet de collège dans une zone à risques à Beauchamp

SIX CENTS élèves qui étudient à 300 mètres d’une installation industrielle classée à risques et à 400 mètres d’un site hautement pollué. Cette description pourrait devenir une réalité dans un an et demi, à l’ouverture du futur collège, dans le parc d’activités de Beauchamp, à la limite de Taverny. Le projet est programmé sur des terrains appartenant à la société 3 M et à proximité de la friche Lunije, dont le sous-sol est contaminé par des solvants (lire l’encadré).

La perspective inquiète, au point que la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (Drire) a tenu à alerter le prefet du Val-d’Oise et à lui signifier son désaccord quant à la construction d’un établissement scolaire à cet endroit. « Avis défavorable », tel est le message clair exprimé par Alain Vallet, chef de la subdivision départementale de la Drire. Son opposition se justifie en fait par les rejets dans l’air de composés organiques volatils en provenance de 3 M. « Implanter un collège sous les vents dominants d’une usine de ce type ne me semble pas judicieux, ne serait-ce qu’en cas d’incident ou de fuite », ajoute-t-il sobrement. En revanche, la présence toute proche des vieux ateliers de Lunije, du côté de Tavemy, n’a pas été évoquée dans les débats entre l’administration et les promoteurs du collège.

Le maire persiste et signe

La Drire a d’ailleurs émis un arrêté de prescription le 31 octobre afin d’imposer à 3 M, fabriquant des rubans adhésifs, abrasifs et de produits de papeterie, de réduire le flux annuel et la concentration moyenne des composés organiques volatils, en particulier du phénol et du forntaldéhyde. 3 M affirme cependant avoir réalisé de gros efforts pour limiter ces rejets et consacré 100 millions de fiants (15,24 millions d’euros en onze ans à la protection de l’environnement L’usine, qui existe depuis 1951, stocke également des matières inflammables et toxiques.

Sur le site de 48 hectares, un emplacement de 2,7 hectares est pourtant réservé depuis vingt-quatre ans à la création d’un collège, à l’angle des avenues Boulé et des Marroniers. Les Domaines ont estimé sa valeur à 7,6 millions de francs (1,16 million d’émus). Le propriétaire, 3 M, a manifesté son désaccord et aurait même déposé une requête auprès du tribunal administratif pour demander une modification du plan d’occupation des sols.

En dépit de la controverse, le maire de Beauchamp, Raymond Lavaud (DVD), reste néanmoins déterminé. « II n’y a aucune entreprise à risques sur la commune », estime-t-il. Sûr de son fait, il a donc transmis à la préfecture une demande d’expropriation courant septembre pour obtenir cette parcelle de 2,7 hectares. Le projet vise à soulager les deux établissements de Taverny et concerne 480 élèves de Beauchamp. La programmation de ce troisième collège a d’ailleurs été arrêtée par le conseil général au début de l’année.

jeudi 15 novembre 2001 par Claire GUEDON (Le Parisien)

L’historique du collège de Beauchamp

Le 19 janvier 2001, le Conseil Général du Val d’Oise a décidé qu’un nouveau collège serait construit à Beauchamp afin de décharger les deux collèges de Taverny (Carré Sainte Honorine et Georges Brassens). Il aura une capacité de 600 élèves et devra donc accueillir des élèves de Taverny (environ 150) tout en garantissant la mixité sociale.

La municipalité quant à elle est chargée de trouver un terrain pouvant recevoir une telle structure. Inscrit au Plan d’Occupation des Sols comme emplacement réservé depuis 1977, le terrain de la pointe Barrachin (entre l’avenue de l’Égalité et l’avenue Boulé) est considéré par le Maire comme le seul endroit possible pour la construction de ce futur collège. Or, la société 3M, propriétaire du terrain, n’a toujours pas donné à ce jour son accord. Cette dernière a même proposé de céder à la commune un autre terrain situé de l’autre côté du stade municipal, à proximité de la résidence du stade, mais cette possibilité n’a pas été retenue par le Maire.

De son côté, la mairie de Taverny, qui dispose d’une réserve foncière à côté du Lycée Louis Jouvet, s’est déclarée prête à accueillir le futur collège si la commune de Beauchamp ne pouvait présenter en temps voulu un terrain adéquat.

Lors du conseil municipal du 7 juin 2001, le Maire a donc décidé de faire voter le principe d’expropriation au cas où aucun accord à l’amiable ne serait possible. Il appartient désormais au Maire de lancer la procédure. Dans le même temps, il a présenté au Conseil une maquette du futur collège intégrant également des installations sportives et un petit parc public. Il s’agit en fait uniquement d’un effet d’annonce puisque c’est le Conseil Général, en tant que maître d’ouvrage, qui sera chargé de la gestion du concours d’architecte et des différents contrats.

Selon le Maire, tout semble donc réglé mais les zones d’incertitude sont encore nombreuses :

Aucune étude récente ne permet d’affirmer que ce terrain n’est pas pollué. Le Maire annonce simplement qu’il a une entière confiance envers la 3M

Le Maire justifie cette confiance en se reportant à l’enquête publique datant de 1974. Or, les contrôles actuels et les normes de sécurité ne sont plus du tout les mêmes.

Enfin, aucune concertation n’a été organisée avec les riverains et l’ensemble des Beauchampois pour les informer régulièrement de l’avancée du projet ou pour les associer à sa mise en oeuvre. Notre position

Lors du dernier Conseil Municipal, nous avons demandé à notre élu de s’abstenir pour le vote concernant l’expropriation de la société 3M considérant que nous ne disposions pas des informations suffisantes. Nous ne sommes pas contre l’implantation du collège à Beauchamp mais nous souhaitons que la municipalité prenne certains engagements tels que : Un contrôle sur la qualité des sols avant toute procédure d’acquisition du terrain pour éviter que la commune doive supporter des coûts de dépollution très importants.

La création d’une commission extra municipale pour organiser la concertation.

Une étude d’impact sur les finances communales relative aux coûts engendrés par les aménagements extérieurs du futur collège qui seront supportés par la commune (création d’une nouvelle rue, d’une voie de bus, d’une piste cyclable, d’un petit parc public, d’installations sportives, d’un rond-point,…)