Un collège à haut risques … industriels

Suite à la catastrophe de Toulouse, nous avons adressé au Maire un courrier lui demandant d’organiser une réunion publique d’information sur les risques posés par la zone industrielle de Beauchamp et plus particulièrement par la société 3M.

Notre élu a insisté et a interpellé le Maire sur la pertinence du projet de Collège prévu à proximité. Le Maire a indiqué à nouveau qu’il avait une entière confiance envers la 3M et qu’il était inutile de parler des dangers de celle-ci puisque la DRIRE [1], chargée du contrôle de ce type d’entreprises, n’a émis à ce jour aucune inquiétude sur des risques liés à ses activités. Il a également souligné que le gymnase, le stade municipal et le centre aéré sont encore plus près de cette entreprise ( !?!)

Et pourtant, selon un article paru dans les pages locales du Parisien le 15 novembre , la DRIRE a adressé à la préfecture du Val d’Oise un arrêté dans lequel elle donne un avis défavorable sur le projet de collège à Beauchamp du fait des « rejets dans l’air de composés organiques volatils en provenance de la 3M ». La DRIRE pense « qu’implanter un collège sous les vents dominants d’une usine de ce type ne semble pas judicieux, ne serait-ce qu’en cas d’incident ou de fuite ». En effet, contrairement à ce qu’a affirmé le Maire, la DRIRE a confirmé que la 3M est bel et bien une entreprise classée à risques. Celle-ci a d’ailleurs toujours été opposée au projet de Collège.

Malgré tout, le Maire de Beauchamp et le Conseil Général sembleraient persister dans leur choix. Que penser dès lors de la sécurité aux abords de la 3M pour les riverains et les utilisateurs des différentes installations municipales ? Des choix aussi importants concernant la sécurité des enfants ne peuvent être faits sans une réelle information et une véritable concertation avec l’ensemble de la population.

A Toulouse aussi, les pouvoirs publics jugeaient que l’entreprise AZF était sans danger pour les riverains. La gestion des risques industriels appartient à l’ensemble de la collectivité.

Nous devons tous rester très vigilants sur ce dossier afin de ne pas mettre les futurs collégiens dans une situation à risque au nom d’une simple promesse électorale.

[1] Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement

Dernière minute : Le Maire vient de décider la tenue d’une réunion le 29 Novembre 2001 entre le Conseil Municipal et la 3M. Seuls les présidents des associations locales ont été conviés.

Cérémonie du 11 novembre

L’hommage aux combattants tombés lors des dernières guerres s’est doublé d’une pensée de l’orateur de la majorité municipale pour les 10 policiers tués lors de la manifestation interdite du 17 octobre 1961. Ou comment prendre des libertés avec l’histoire : Les policiers ont été tués lors d’attentats dans les mois qui ont précédé la manifestation.

Plus d’une centaine d’Algériens ont été tués par la police sous les ordres de Papon lors de cette manifestation.

Forum des associations et démocratie locale

Comme d’autres associations beauchampoises, nous avions demandé à participer au Forum des associations, au cours duquel était célébré le centenaire de la loi de 1901 relative au droit d’association. Monsieur le Maire a opposé un refus à notre participation.
Bien que deux mois se soient écoulés, il nous paraît important de revenir sur les motivations qu’il a avancées : « Cette manifestation a été mise en place afin que les associations essentiellement culturelles et sportives ou reconnues pour proposer des activités diverses puissent se faire connaître. L’association Alternative Citoyenne, à connotation politique […] ne correspond absolument pas à l’objet du forum des associations » (lettre du 4 juillet).

Notre commentaire : le centenaire de la loi de 1901 concerne toutes les associations sans exception. Par ailleurs, comment expliquer que le forum nous soit interdit mais soit ouvert à la « Paroisse », par nature d’obédience religieuse, sans grand rapport avec le sport ou la culture (peut-être s’agit-il d’activités diverses ?).

Faisant part de notre incompréhension à Monsieur le Maire, celui-ci réitérait son refus avec les argument suivants : « En effet, vous n’ignorez pas que les partis politiques ne sont jamais représentés au forum des associations […] Persuadé que nos concitoyens préfèrent une vie locale autant que possible sereine à la cacophonie des partis politiques, je n’ai pas l’intention avec mes collègues de la majorité de modifier cette ligne de conduite » (lettre du 30 août).

Notre commentaire : Pourquoi les partis politiques (à vocation démocratique) ne sont-ils jamais représentés au forum des associations ? Concernant la « cacophonie des partis politiques », rappelons que la liste d’Union Municipale Républicaine a reçu l’investiture des partis politiques suivants : R.P.R., U.D.F., D.L., C.N.I. et Ecologie Bleue. Pourquoi tant de faux prétextes pour simplement nier toute liberté d’expression ?

Notre exclusion d’une manifestation célébrant la liberté d’association nous renforce dans notre volonté de participer et faire participer les habitants de Beauchamp à la vie communale. Nous refusons cette conception de la vie locale, qui se traduit par une absence d’information et de débat.

Il y a pourtant matière à réunir, informer et débattre avec les élus et la population, en bref de pratiquer la démocratie locale.

Projet de collège dans une zone à risques à Beauchamp

SIX CENTS élèves qui étudient à 300 mètres d’une installation industrielle classée à risques et à 400 mètres d’un site hautement pollué. Cette description pourrait devenir une réalité dans un an et demi, à l’ouverture du futur collège, dans le parc d’activités de Beauchamp, à la limite de Taverny. Le projet est programmé sur des terrains appartenant à la société 3 M et à proximité de la friche Lunije, dont le sous-sol est contaminé par des solvants (lire l’encadré).

La perspective inquiète, au point que la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (Drire) a tenu à alerter le prefet du Val-d’Oise et à lui signifier son désaccord quant à la construction d’un établissement scolaire à cet endroit. « Avis défavorable », tel est le message clair exprimé par Alain Vallet, chef de la subdivision départementale de la Drire. Son opposition se justifie en fait par les rejets dans l’air de composés organiques volatils en provenance de 3 M. « Implanter un collège sous les vents dominants d’une usine de ce type ne me semble pas judicieux, ne serait-ce qu’en cas d’incident ou de fuite », ajoute-t-il sobrement. En revanche, la présence toute proche des vieux ateliers de Lunije, du côté de Tavemy, n’a pas été évoquée dans les débats entre l’administration et les promoteurs du collège.

Le maire persiste et signe

La Drire a d’ailleurs émis un arrêté de prescription le 31 octobre afin d’imposer à 3 M, fabriquant des rubans adhésifs, abrasifs et de produits de papeterie, de réduire le flux annuel et la concentration moyenne des composés organiques volatils, en particulier du phénol et du forntaldéhyde. 3 M affirme cependant avoir réalisé de gros efforts pour limiter ces rejets et consacré 100 millions de fiants (15,24 millions d’euros en onze ans à la protection de l’environnement L’usine, qui existe depuis 1951, stocke également des matières inflammables et toxiques.

Sur le site de 48 hectares, un emplacement de 2,7 hectares est pourtant réservé depuis vingt-quatre ans à la création d’un collège, à l’angle des avenues Boulé et des Marroniers. Les Domaines ont estimé sa valeur à 7,6 millions de francs (1,16 million d’émus). Le propriétaire, 3 M, a manifesté son désaccord et aurait même déposé une requête auprès du tribunal administratif pour demander une modification du plan d’occupation des sols.

En dépit de la controverse, le maire de Beauchamp, Raymond Lavaud (DVD), reste néanmoins déterminé. « II n’y a aucune entreprise à risques sur la commune », estime-t-il. Sûr de son fait, il a donc transmis à la préfecture une demande d’expropriation courant septembre pour obtenir cette parcelle de 2,7 hectares. Le projet vise à soulager les deux établissements de Taverny et concerne 480 élèves de Beauchamp. La programmation de ce troisième collège a d’ailleurs été arrêtée par le conseil général au début de l’année.

jeudi 15 novembre 2001 par Claire GUEDON (Le Parisien)

L’inquiétante friche industrielle de Lunije

SEPT ANS plus tard. Tagueurs, « teufeurs » et joueurs de paintball ont leur exutoire. L’inquiétante et insalubre friche Lunije, à Taverny, en bordure de la société 3M, est devenue leur squat.

Ces vieux ateliers de détergents et de décapants qui ont fermé fin 1994 sont à l’origine d’une grave contamination de la nappe phréatique par des solvants organohalogénés et des hydrocarbures. Faute de propriétaire solvable, l’usine est théoriquement sous la surveillance de l’Etat pourtant on y entre comme dans un moulin. D’anciennes factures d’achat de produits chimiques jonchent le chemin d’accès. La clôture, renforcée à grand frais en 1997,n’est plus que l’ombre d’elle-même. Le panneau annonçant à l’entrée « site dangereux » a valsé depuis longtemps. En cherchant, on en devine les morceaux sous un tas de gravats. Dans chacun des bâtiments, on constate des débuts d’incendie volontaire. Les entrepôts recouverts de plaques de fibrociment grincent lugubrement mais résistent. 372 tonnes de déchets ont été évacuées

Intérieur et extérieur sont entièrement bombés à la peinture, tout comme les cuves et deux bonbonnes. Des épaves de véhicules et des monticules d’ordures arrondissent la topographie des lieux. Quatre ans plus tôt l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie intervenait à la demande de l’Etat et évacuait du site 372,5 tonnes de déchets toxiques (solvants et acides très corrosifs), stockés en bidons et en fûts.

C’était à l’époque où le maire de Tavemy, Maurice Boscavert (PS), tenait des conférences de presse dans l’usine, un masque de protection sur le visage, pour supporter les émanations chimiques. « Malheureusement les pouvoirs publics ne font plus rien depuis deux ans. La nappe phréatique est toujours aussi polluée », regrette-t-il aujourd’hui. Selon la Drire, de nouveaux piézo mètres (NDLR : instruments servant à mesurer la compressibilité des liquides) devraient cependant être installés dans un mois pour mieux contrôler l’état des eaux souterraines.

jeudi 15 novembre 2001 par Claire GUEDON (Le Parisien)

Alternative Citoyenne sous la forme d’une association

Le mot du conseiller

A tout pouvoir il faut un contre pouvoir, c’est la base de toute démocratie et c’est celui que j’exerce aujourd’hui.

Il est important que la sensibilité que je représente puisse s’exprimer au sein du Conseil Municipal. Mais peut-on être réellement entendu à Beauchamp à partir du moment où seuls le Maire et quelques adjoints disposent d’un micro ?

Le fait que les conseillers ne soient pas considérés de manière égalitaire ne gêne apparemment que moi étant donné qu’en dehors des responsables de commission les autres conseillers de la majorité ne s’expriment pas. En outre, j’avais demandé à M. le Maire lors de la Commission Information que figurent dans Beauchamp Infos les dates des prochains Conseils Municipaux. Or, il m’a été répondu que ce n’était pas possible car la date était fixée une quinzaine de jours à l’avance en fonction des emplois du temps de chacun (mais qui est chacun ?). En effet, on ne m’a jamais demandé mes “disponibilités”.

Il en va de même pour les travaux des commissions. D’après M. le Maire ils ne doivent pas être portés à la connaissance des citoyens car cela relève du fonctionnement interne du Conseil Municipal. Personnellement je ne partage pas cette analyse et je m’attacherai, tout au long de mon mandat, à vous informer sur l’ensemble des dossiers et sur les positions que je serai amené à défendre.

Régis BRASSEUR