Cérémonie du 11 novembre

L’hommage aux combattants tombés lors des dernières guerres s’est doublé d’une pensée de l’orateur de la majorité municipale pour les 10 policiers tués lors de la manifestation interdite du 17 octobre 1961. Ou comment prendre des libertés avec l’histoire : Les policiers ont été tués lors d’attentats dans les mois qui ont précédé la manifestation.

Plus d’une centaine d’Algériens ont été tués par la police sous les ordres de Papon lors de cette manifestation.

Forum des associations et démocratie locale

Comme d’autres associations beauchampoises, nous avions demandé à participer au Forum des associations, au cours duquel était célébré le centenaire de la loi de 1901 relative au droit d’association. Monsieur le Maire a opposé un refus à notre participation.
Bien que deux mois se soient écoulés, il nous paraît important de revenir sur les motivations qu’il a avancées : « Cette manifestation a été mise en place afin que les associations essentiellement culturelles et sportives ou reconnues pour proposer des activités diverses puissent se faire connaître. L’association Alternative Citoyenne, à connotation politique […] ne correspond absolument pas à l’objet du forum des associations » (lettre du 4 juillet).

Notre commentaire : le centenaire de la loi de 1901 concerne toutes les associations sans exception. Par ailleurs, comment expliquer que le forum nous soit interdit mais soit ouvert à la « Paroisse », par nature d’obédience religieuse, sans grand rapport avec le sport ou la culture (peut-être s’agit-il d’activités diverses ?).

Faisant part de notre incompréhension à Monsieur le Maire, celui-ci réitérait son refus avec les argument suivants : « En effet, vous n’ignorez pas que les partis politiques ne sont jamais représentés au forum des associations […] Persuadé que nos concitoyens préfèrent une vie locale autant que possible sereine à la cacophonie des partis politiques, je n’ai pas l’intention avec mes collègues de la majorité de modifier cette ligne de conduite » (lettre du 30 août).

Notre commentaire : Pourquoi les partis politiques (à vocation démocratique) ne sont-ils jamais représentés au forum des associations ? Concernant la « cacophonie des partis politiques », rappelons que la liste d’Union Municipale Républicaine a reçu l’investiture des partis politiques suivants : R.P.R., U.D.F., D.L., C.N.I. et Ecologie Bleue. Pourquoi tant de faux prétextes pour simplement nier toute liberté d’expression ?

Notre exclusion d’une manifestation célébrant la liberté d’association nous renforce dans notre volonté de participer et faire participer les habitants de Beauchamp à la vie communale. Nous refusons cette conception de la vie locale, qui se traduit par une absence d’information et de débat.

Il y a pourtant matière à réunir, informer et débattre avec les élus et la population, en bref de pratiquer la démocratie locale.

Projet de collège dans une zone à risques à Beauchamp

SIX CENTS élèves qui étudient à 300 mètres d’une installation industrielle classée à risques et à 400 mètres d’un site hautement pollué. Cette description pourrait devenir une réalité dans un an et demi, à l’ouverture du futur collège, dans le parc d’activités de Beauchamp, à la limite de Taverny. Le projet est programmé sur des terrains appartenant à la société 3 M et à proximité de la friche Lunije, dont le sous-sol est contaminé par des solvants (lire l’encadré).

La perspective inquiète, au point que la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (Drire) a tenu à alerter le prefet du Val-d’Oise et à lui signifier son désaccord quant à la construction d’un établissement scolaire à cet endroit. « Avis défavorable », tel est le message clair exprimé par Alain Vallet, chef de la subdivision départementale de la Drire. Son opposition se justifie en fait par les rejets dans l’air de composés organiques volatils en provenance de 3 M. « Implanter un collège sous les vents dominants d’une usine de ce type ne me semble pas judicieux, ne serait-ce qu’en cas d’incident ou de fuite », ajoute-t-il sobrement. En revanche, la présence toute proche des vieux ateliers de Lunije, du côté de Tavemy, n’a pas été évoquée dans les débats entre l’administration et les promoteurs du collège.

Le maire persiste et signe

La Drire a d’ailleurs émis un arrêté de prescription le 31 octobre afin d’imposer à 3 M, fabriquant des rubans adhésifs, abrasifs et de produits de papeterie, de réduire le flux annuel et la concentration moyenne des composés organiques volatils, en particulier du phénol et du forntaldéhyde. 3 M affirme cependant avoir réalisé de gros efforts pour limiter ces rejets et consacré 100 millions de fiants (15,24 millions d’euros en onze ans à la protection de l’environnement L’usine, qui existe depuis 1951, stocke également des matières inflammables et toxiques.

Sur le site de 48 hectares, un emplacement de 2,7 hectares est pourtant réservé depuis vingt-quatre ans à la création d’un collège, à l’angle des avenues Boulé et des Marroniers. Les Domaines ont estimé sa valeur à 7,6 millions de francs (1,16 million d’émus). Le propriétaire, 3 M, a manifesté son désaccord et aurait même déposé une requête auprès du tribunal administratif pour demander une modification du plan d’occupation des sols.

En dépit de la controverse, le maire de Beauchamp, Raymond Lavaud (DVD), reste néanmoins déterminé. « II n’y a aucune entreprise à risques sur la commune », estime-t-il. Sûr de son fait, il a donc transmis à la préfecture une demande d’expropriation courant septembre pour obtenir cette parcelle de 2,7 hectares. Le projet vise à soulager les deux établissements de Taverny et concerne 480 élèves de Beauchamp. La programmation de ce troisième collège a d’ailleurs été arrêtée par le conseil général au début de l’année.

jeudi 15 novembre 2001 par Claire GUEDON (Le Parisien)

L’inquiétante friche industrielle de Lunije

SEPT ANS plus tard. Tagueurs, « teufeurs » et joueurs de paintball ont leur exutoire. L’inquiétante et insalubre friche Lunije, à Taverny, en bordure de la société 3M, est devenue leur squat.

Ces vieux ateliers de détergents et de décapants qui ont fermé fin 1994 sont à l’origine d’une grave contamination de la nappe phréatique par des solvants organohalogénés et des hydrocarbures. Faute de propriétaire solvable, l’usine est théoriquement sous la surveillance de l’Etat pourtant on y entre comme dans un moulin. D’anciennes factures d’achat de produits chimiques jonchent le chemin d’accès. La clôture, renforcée à grand frais en 1997,n’est plus que l’ombre d’elle-même. Le panneau annonçant à l’entrée « site dangereux » a valsé depuis longtemps. En cherchant, on en devine les morceaux sous un tas de gravats. Dans chacun des bâtiments, on constate des débuts d’incendie volontaire. Les entrepôts recouverts de plaques de fibrociment grincent lugubrement mais résistent. 372 tonnes de déchets ont été évacuées

Intérieur et extérieur sont entièrement bombés à la peinture, tout comme les cuves et deux bonbonnes. Des épaves de véhicules et des monticules d’ordures arrondissent la topographie des lieux. Quatre ans plus tôt l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie intervenait à la demande de l’Etat et évacuait du site 372,5 tonnes de déchets toxiques (solvants et acides très corrosifs), stockés en bidons et en fûts.

C’était à l’époque où le maire de Tavemy, Maurice Boscavert (PS), tenait des conférences de presse dans l’usine, un masque de protection sur le visage, pour supporter les émanations chimiques. « Malheureusement les pouvoirs publics ne font plus rien depuis deux ans. La nappe phréatique est toujours aussi polluée », regrette-t-il aujourd’hui. Selon la Drire, de nouveaux piézo mètres (NDLR : instruments servant à mesurer la compressibilité des liquides) devraient cependant être installés dans un mois pour mieux contrôler l’état des eaux souterraines.

jeudi 15 novembre 2001 par Claire GUEDON (Le Parisien)

Alternative Citoyenne sous la forme d’une association

Le mot du conseiller

A tout pouvoir il faut un contre pouvoir, c’est la base de toute démocratie et c’est celui que j’exerce aujourd’hui.

Il est important que la sensibilité que je représente puisse s’exprimer au sein du Conseil Municipal. Mais peut-on être réellement entendu à Beauchamp à partir du moment où seuls le Maire et quelques adjoints disposent d’un micro ?

Le fait que les conseillers ne soient pas considérés de manière égalitaire ne gêne apparemment que moi étant donné qu’en dehors des responsables de commission les autres conseillers de la majorité ne s’expriment pas. En outre, j’avais demandé à M. le Maire lors de la Commission Information que figurent dans Beauchamp Infos les dates des prochains Conseils Municipaux. Or, il m’a été répondu que ce n’était pas possible car la date était fixée une quinzaine de jours à l’avance en fonction des emplois du temps de chacun (mais qui est chacun ?). En effet, on ne m’a jamais demandé mes “disponibilités”.

Il en va de même pour les travaux des commissions. D’après M. le Maire ils ne doivent pas être portés à la connaissance des citoyens car cela relève du fonctionnement interne du Conseil Municipal. Personnellement je ne partage pas cette analyse et je m’attacherai, tout au long de mon mandat, à vous informer sur l’ensemble des dossiers et sur les positions que je serai amené à défendre.

Régis BRASSEUR

Alternative Citoyenne vous informe

Depuis les élections le Conseil Municipal s’est réuni à trois reprises :
Notre élu participe aux principales Commissions : Affaires Scolaires, Finances, Travaux voirie, Environnement et Urbanisme, Jeunesse, Culture et animation, Circulation et Sécurité, Information et Nouvelles technologies, Appel d’offres, Affaires Sociales.

Les points essentiels que nous avons retenus : Commission d’appel d’offres : elle s’est réunie par 2 fois sans qu’aucun membre de l’opposition n’ait été convoqué. Lors du Conseil Municipal nous avons demandé à notre élu de s’abstenir sur les votes d’attribution de marché. Par ailleurs, nous avons invité le Maire à appliquer les textes en matière de représentation proportionnelle : notre élu siégera désormais dans cette Commission.

Augmentation des tarifs de l’école de musique : nous n’avons pas soutenu cette proposition, les tarifs n’étant pas suffisamment dégressifs pour les familles à revenus moyens et modestes.

Subvention au CTTB : la majorité municipale a décidé d’octroyer une subvention complémentaire de 100.000 F pour le tennis de table (« achat » d’une joueuse) après avoir déjà déboursé 500 000 F pour la mise aux normes de compétition (éclairage) de la salle. Nous avons demandé à notre élu de s’abstenir, les subventions (directes et indirectes) attribuées à cette activité paraissant disproportionnées par rapport aux sommes allouées aux autres associations.

Logement social : en revanche, nous avons approuvé l’acquisition de 3 logements à la Cité Cadoux en vue de leur réhabilitation en logements sociaux. Nous espérons que cette orientation se poursuivra et s’accentuera dans les mois et années à venir.

L’historique du collège de Beauchamp

Le 19 janvier 2001, le Conseil Général du Val d’Oise a décidé qu’un nouveau collège serait construit à Beauchamp afin de décharger les deux collèges de Taverny (Carré Sainte Honorine et Georges Brassens). Il aura une capacité de 600 élèves et devra donc accueillir des élèves de Taverny (environ 150) tout en garantissant la mixité sociale.

La municipalité quant à elle est chargée de trouver un terrain pouvant recevoir une telle structure. Inscrit au Plan d’Occupation des Sols comme emplacement réservé depuis 1977, le terrain de la pointe Barrachin (entre l’avenue de l’Égalité et l’avenue Boulé) est considéré par le Maire comme le seul endroit possible pour la construction de ce futur collège. Or, la société 3M, propriétaire du terrain, n’a toujours pas donné à ce jour son accord. Cette dernière a même proposé de céder à la commune un autre terrain situé de l’autre côté du stade municipal, à proximité de la résidence du stade, mais cette possibilité n’a pas été retenue par le Maire.

De son côté, la mairie de Taverny, qui dispose d’une réserve foncière à côté du Lycée Louis Jouvet, s’est déclarée prête à accueillir le futur collège si la commune de Beauchamp ne pouvait présenter en temps voulu un terrain adéquat.

Lors du conseil municipal du 7 juin 2001, le Maire a donc décidé de faire voter le principe d’expropriation au cas où aucun accord à l’amiable ne serait possible. Il appartient désormais au Maire de lancer la procédure. Dans le même temps, il a présenté au Conseil une maquette du futur collège intégrant également des installations sportives et un petit parc public. Il s’agit en fait uniquement d’un effet d’annonce puisque c’est le Conseil Général, en tant que maître d’ouvrage, qui sera chargé de la gestion du concours d’architecte et des différents contrats.

Selon le Maire, tout semble donc réglé mais les zones d’incertitude sont encore nombreuses :

Aucune étude récente ne permet d’affirmer que ce terrain n’est pas pollué. Le Maire annonce simplement qu’il a une entière confiance envers la 3M

Le Maire justifie cette confiance en se reportant à l’enquête publique datant de 1974. Or, les contrôles actuels et les normes de sécurité ne sont plus du tout les mêmes.

Enfin, aucune concertation n’a été organisée avec les riverains et l’ensemble des Beauchampois pour les informer régulièrement de l’avancée du projet ou pour les associer à sa mise en oeuvre. Notre position

Lors du dernier Conseil Municipal, nous avons demandé à notre élu de s’abstenir pour le vote concernant l’expropriation de la société 3M considérant que nous ne disposions pas des informations suffisantes. Nous ne sommes pas contre l’implantation du collège à Beauchamp mais nous souhaitons que la municipalité prenne certains engagements tels que : Un contrôle sur la qualité des sols avant toute procédure d’acquisition du terrain pour éviter que la commune doive supporter des coûts de dépollution très importants.

La création d’une commission extra municipale pour organiser la concertation.

Une étude d’impact sur les finances communales relative aux coûts engendrés par les aménagements extérieurs du futur collège qui seront supportés par la commune (création d’une nouvelle rue, d’une voie de bus, d’une piste cyclable, d’un petit parc public, d’installations sportives, d’un rond-point,…)