Archives par mot-clé : emprunts toxiques

Mai/Juin 2015 : Des petites économies en attendant les grandes ?

Des associations touchées
Après l’augmentation d’impôt, les augmentations des tarifs municipaux, la suppression de services, c’est désormais aux associations d’être les victimes des gestions passées avec une baisse imposée de 10% de leurs subventions.
Certaines ne recevront plus rien, d’autres exactement ce qu’elles demandaient. Difficile de comprendre les choix effectués, d’autant qu’ils impactent pour certaines leur budget prévisionnel qui devient alors déficitaire. Avec quelles conséquences pour ces associations qui rendent un véritable service au public ?
On a pu le constater pendant le conseil municipal du 26/03/2015, les élus de la majorité n’ont pas pris la peine d’ouvrir les dossiers et d’analyser les comptes prévisionnels des associations qui sollicitaient une subvention (voir vidéo). Ils s’étaient pourtant engagés l’année dernière, dans l’euphorie de leur élection, à accompagner les associations dans la préparation de leurs dossiers et la recherche de financement complémentaire… A l’évidence, ces attributions n’ont pas été faites avec un souci d’équité.

Des banques préservées
Tout ça pour économiser 36 000 euros alors que, dans le même temps, la Ville est prête à payer une indemnité de plus de 10 millions d’euros pour sortir d’un emprunt toxique. Or, Beauchamp ne peut rester isolée face aux décisions catastrophiques prises par la majorité précédente. Notre commune doit, au minimum, s’associer avec les communes de taille identique confrontées aux mêmes difficultés. Il faut pouvoir se faire entendre des acteurs publics pour ne pas payer un refinancement de l’emprunt toxique au prix fort, sans partage des responsabilités avec les banques.

Un budget et un personnel contraints
Ainsi, les banques déterminent l’évolution de nos taxes locales et les services offerts à la population. Par ailleurs, la majorité annonce cette année un effort particulier sur la sécurité, l’action sociale, l’environnement scolaire, la jeunesse, le commerce et l’animation de la ville. En réalité, il s’agit d’un maintien et non pas d’un effort en dépenses. Pour les autres secteurs, chacun comprendra que les économies continueront…
Le personnel est également touché dans sa rémunération qui revient au minimum légal alors que toutes les communes la complètent avec des primes permettant d’obtenir des salaires raisonnables.

Des engagements avaient été pris pendant la campagne par l’équipe de Francine OCCIS : pas de hausse d’impôt, maintien des prestations, refus d’obtenir un taux fixe à tout prix,…
Aujourd’hui, cette même équipe ne souhaite plus s’engager dans le redressement des finances et se contente de subir en faisant payer les habitants et eux seuls.

Débat d’Orientations Budgétaires 2015 – Notre déclaration au CM du 12/02/15

S’agissant du 1er débat d’orientations budgétaires du mandat, nous nous attendions à un travail préparatoire en commission pour respecter les engagements de transparence et de concertation de la majorité municipale. Ce travail était, à nos yeux, nécessaire pour affiner et/ou détailler les orientations qui sont proposées au débat ce soir.
Le document présenté ne donne pas de vision d’ensemble en restant bloqué sur des événements, certes préoccupants, comme la parité soudaine du franc suisse par rapport à l’euro.

Jusqu’à cet événement, vous avez pu le constater, nous n’avions pas souhaité communiquer sur le projet de refinancement pour laisser toutes les chances à notre Ville de trouver la meilleure issue possible.
Pourtant, nous avons été les seuls élus à demander un report puis, par défaut, à voter contre la délibération autorisant Mme la Maire à signer toute proposition de refinancement de cet emprunt sans appui d’un conseil en finances pour vérifier les calculs de sortie proposés par la Banque sans aucune explication et sans effort financier, sachant que les torts sur la contractualisation de ces emprunts sont largement partagés.
Lors de la commission des Finances du 22 septembre 2014, nous le déplorions déjà sans réaction de la majorité et de Beauchamp Renouveau qui indiquait qu’il n’y avait pas vraiment le choix et qu’on aurait dû se méfier à l’époque. Nous sommes heureux d’apprendre que ce groupe a depuis rejoint notre position sur la nécessité d’être accompagné.
Nous avons également été les seuls à déplorer que Beauchamp reste isolée dans la gestion de ces décisions catastrophiques prises par la majorité précédente. L’actualité récente nous confirme que les communes, lésées par les manquements d’élus, des banques et des services de l’État, doivent s’associer pour se faire entendre auprès du gouvernement pour sortir enfin de cette spirale infernale. Beauchamp doit être acteur de sa dette en saisissant tous les moyens à sa portée.

Pour en revenir au débat d’orientations budgétaires, la majorité municipale ne souhaite pas aujourd’hui se projeter dans plusieurs hypothèses concernant les finances de notre commune.
Or, les Beauchampois ont besoin de savoir si les engagements électoraux seront tenus : pas de hausse d’impôt, maintien des prestations qui font la qualité de vie des Beauchampois, refus de payer une soulte écrasante ou d’obtenir un taux fixe à tout prix,…
Les orientations prises ce soir ne conforte aucun de ses engagements. Au contraire, la porte reste ouverte à une nouvelle augmentation des impôts, à la suppression de prestations et à la sortie à tout prix de nos emprunts toxiques.
Enfin, il n’est pas du tout fait mention de l’audit resté confidentiel au sein de la majorité qui aurait dû fournir un Plan Pluriannuel d’Investissements et une étude prospective sur le mandat entamé.
Aucune hypothèse n’a été formulée ce soir qu’elle soit la meilleure ou la pire.

Novembre/Décembre 2014 : Des réunions publiques, pour quoi ?

2 réunions publiques ont été organisées en juin et septembre sur des sujets importants pour notre ville : le Plan Local d’Urbanisme (PLU) et l’audit sur les finances communales.
Lors de ces réunions, les élus chargés des dossiers se sont cachés derrière les techniciens des cabinets d’étude, comme pour se débarrasser de ces patates chaudes. Nous aurions souhaité entendre leurs projets politiques sur ces deux dossiers.

PLAN LOCAL D’URBANISME
La majorité a voté en juillet la fin de la concertation du projet de règlement réalisé par un cabinet d’études. Même avec une équipe différente, cette phase dite de concertation aura été improductive. Pourtant, il n’y a pas urgence à boucler ce dossier ; en matière d’urgence, il y avait plutôt des priorités comme la recherche d’économies budgétaires ou l’organisation de la rentrée scolaire.
Ainsi, la municipalité a figé le projet de PLU qui va être soumis à l’État et aux habitants.
Les questions suivantes n’ont pas été traitées. Quelles nuisances peuvent s’installer près de chez vous ? Quelles constructions possibles dans votre quartier ? Quelle protection des espaces boisés ? Quelle place pour le commerce et l’artisanat ? Quelle circulation sur le territoire ? Seule l’enquête publique en fin d’année permettra aux habitants de s’exprimer individuellement.
De son côté, Françoise NORDMANN et ses collègues “imaginent” des projets de tours en centre-ville sans s’intéresser au contenu du règlement ! Pour rappel, le projet PLU prévoit une hauteur maximum de 3 étages.

AUDIT FINANCIER
Nous partageons le constat d’une situation difficile, résultat de 3 facteurs : dépenses au-dessus des moyens de la ville (nous le dénonçons depuis 2003), signature d’emprunts toxiques en 2007 puis 2011 et 2013, enfin dépenses engagées en dehors de tout contrôle en fin de mandat.
La nouvelle majorité municipale conduite par Francine OCCIS (maire-adjointe de 2001 à 2008) et le groupe de Françoise NORDMANN (maire-adjointe de 2001 à 2012) se refusent à rechercher la responsabilité de manquements graves commis durant ces mandats.
Les Beauchampois, sanctionnés par la hausse des impôts locaux, ont le droit de savoir depuis quand date, entre autres, la dérive des factures reportées, qualifiées par l’auditeur de « hors la loi ».
L’analyse des précédents exercices du mandat 2008-2014 n’a pas été faite alors qu’elle entrait dans la mission confiée au Cabinet CAEXIS : “Étude rétrospective sur le mandat passé”.
Enfin, malgré nos demandes, la majorité s’est refusée à communiquer le montant des économies budgétaires appliquées en 2014 mais n’hésite pas à demander aux Beauchampois un effort supplémentaire d’1 million d’euros.

La Gazette du Val d’Oise : La ville de Beauchamp va devoir continuer à se serrer la ceinture

La ville de Beauchamp va devoir continuer à se serrer la ceinture

Après l’augmentation des impôts de 27% en 2013 et 21% en 2014, la situation financière reste tendue. La ville tente de trouver des marges pour dégager de l’autofinancement en 2015.

Dernière mise à jour : 07/10/2014 à 17:49

Deux cents Beauchampois présents à la réunion publique sur l’audit financier, le 23 septembre à la salle des fêtes, on dirait que le sujet des finances communales intéresse. ! Il faut dire que dans cette ville de 9 000 habitants, plombée par les dettes et les emprunts toxiques, les finances sont un sujet sensible et… douloureux ! Une hausse de 27% de la taxe foncière en 2013, et une nouvelle augmentation de  21% de la taxe d’habitation et de la taxe foncière en 2014, justifiée par le nouveau maire, Francine Occis (Se) pour équilibrer le budget.

Les contribuables sont en train de constater cette nouvelle ponction dans les avis d’imposition qu’ils reçoivent. Francine Occis, contribuable comme les autres, l’a reconnu : «Ça ne fait évidemment pas plaisir !» Au cours d’une réunion destinée à expliquer la situation, et à «aller de l’avant» sans désigner de responsable, chacun y est allé de son petit commentaire pour tenter de trouver une solution…

De l’exaspération aussi a percé, comme cette mère en colère face à la hausse des tarifs municipaux : «On pénalise les parents d’enfants scolarisés ! Après les impôts, c’est la double peine».

«On a fait ce choix pour éviter une hausse des impôts de six points», s’est justifiée le maire.

De l’exposé de François Gernigon, l’expert-comptable du cabinet Caéxis, chargé de l’audit, on retient qu’en 2013, 400 000 euros de dépenses furent non payées, car «il n’y avait plus d’argent dans les caisses». Francine Occis, qui dit avoir trouvé une situation «catastrophique», a souligné qu’au lendemain de son élection, le préfet lui a fait savoir «qu’en 2011, 2012 et 2013 on était déjà en alerte rouge et qu’on allait dans le mur. Si les choses avaient été réglées dès 2010 on en serait pas là».

Plombée par des emprunts structurés, avec des taux fluctuants (basés sur la parité euro-franc suisse) qui conduisent par exemple cette année à devoir payer 440000 euros de plus, la ville veut augmenter sa capacité d’autofinancement, «car aujourd’hui on ne peut plus emprunter». Plus d’un million d’euros à dégager. Ça passe par des économies sur le personnel. «Aucun Cdd ne sera renouvelé», a expliqué le maire, qui a ajouté : «Je pense qu’il ne faut plus augmenter les impôts». Peut-être la meilleure nouvelle de la soirée.

Une habitante a d’ailleurs remis une pétition aux élus pour dénoncer les hausses d’impôs successives : 154 personnes l’ont signée.

Des réactions politiques

Les élus (Dvg) d’Alternative Citoyenne, emmenés par Patrick Planche, disent partager «le constat d’une situation difficile», mais ils estiment que «les Beauchampois ont le droit de savoir depuis quand a démarré, entre autres, la dérive quant aux factures reportées». Ils ne sont «toujours pas convaincus des efforts qui ont été réalisés avant de recourir à une telle augmentation d’impôt (Ndlr, +21%)». De son côté, pour le groupe Beauchamp Renouveau, Françoise Nordmann (Ump) qualifie cet audit de «coquille vide. Cette réunion n’a pas permis de savoir comment les finances de la ville seront gérées demain». Critique sur la hausse des impôts, l’élue se dit aussi «très réservée» sur le refinancement d’un emprunt “toxique” qui comprend «une pénalité de plus 10 millions d’euros qui va alourdir encore la dette».

Daniel Chollet

Conseil municipal le jeudi 2 octobre

CM du 11/04/2014

A l’ordre du jour de conseil municipal qui se tiendra à 20h30 en salle du Conseil Municipal :

  • 1. Approbation du procès verbal du 28 août 2014
  • 2. Autorisation désensibilisation de l’emprunt Franc Suisse
  • 3. Demande d’aide au Fonds de soutien
  • 4. Décision modificative
  • 5. Fixation des tarifs des repas au restaurant scolaire hors tarifs des repas pour les scolaires, applicable au 1er novembre 2014.
  • 6. Rétrocession d’une concession perpétuelle à la commune à titre gracieux.
  • 7. Règlement de fonctionnement du multi accueil + tarifs
  • 8. Modification du règlement intérieur et du règlement d’études de l’Ecole de Musique Municipale
  • 9. Commission Communale des Impôts Directs.
  • 10. Renouvellement de la convention de labellisation du Bureau Information Jeunesse.
  • 11. Application des articles 22 et 23 du règlement intérieur
  • 12. Affaires diverses

Le Parisien : Beauchamp : La ville doit encore se serrer la ceinture

La ville doit encore se serrer la ceinture

Alexandre Boucher | 25 sept. 2014, 07h00

« Jouer la transparence avec la population ». C’est dans ce but que la nouvelle majorité municipale conduite par la maire (SE) Francine Occis a présenté, mardi soir en réunion publique, les conclusions de l’audit mené sur l’exercice comptable 2013. Depuis plusieurs années, les finances de la ville, dont la dette s’élève à 26,6 M€ en grande partie à cause des emprunts toxiques contractés en 2007, occupent les terrains politique et médiatique. Cela n’est pas prêt de s’arrêter. Sous tutelle du l’an dernier, Beauchamp et ses contribuables vont encore devoir se serrer la ceinture. Le vote d’une nouvelle hausse d’imposition sur la fiscalité locale (+ 3 points sur les taux des taxes d’habitation et taxe foncière) en juin était un premier signe. Les conclusions établies par le cabinet Caexis, représenté par François Gernigon, expert-comptable et lui-même maire DVD de Saint-Sylvain d’Anjou (Maine-et-Loire), ont confirmé la tendance. « Pendant six ans, ça va être dur, confirme Francine Occis. Il faut assainir les finances. »

Entièrement sur les indemnités des élus de la majorité, l’audit fait entre autre apparaître une erreur de 400 000 € dans le calcul de l’excédent de fonctionnement de la ville, correspondant à « des dépenses qui n’avaient pas été engagées » précise Francine Occis.

L’élue et ses adjoints se r efusent à se livrer à « une chasse aux sorcières ». Un choix que regrette Patrick Planche (DVG) du groupe Alternative Citoyenne pour Beauchamp. « La fin d’un mandat suffirait-il à s’exonérer de ses responsabilités ?, s’interroge-t-il. Les élus doivent rendre des comptes. Ce sont nous, administrés, qui allons payer. »

La municipalité préfère, elle, « se tourner vers l’avenir », selon Pierre Andrieux, adjoint chargé des finances. « Il y a deux leviers à activer pour retrouver une capacité d’autofinancement : réduire les dépenses de fonctionnement et augmenter les recettes de fonctionnement », explique François Gernigon. Outre la hausse d’imposition, la municipalité « va faire des coupes partout où cela est possible » annonce Francine Occis. Pas assez transparent au goût de la chef de file l’opposition Françoise Nordmann (UMP). « On ne nous a présentés ni perspective, ni prospective, ni plan pluriannuel pour indiquer les économies potentielles à réaliser ! Le budget 2014 a été fait dans la précipitation à l’image de l’augmentation de 3 points des taux d’imposition qui n’n’était pas justifiée. »

Inquiète, la population réclame des comptes

A.B. | 25 sept. 2014, 07h00

Près de deux cents habitants s’étaient déplacés à la salle des fêtes mardi soir pour la présentation de l’audit commandé par la nouvelle municipalité lors de son élection. Le sujet est sensible depuis plusieurs années et la mise sous tutelle du l’an passé n’a pas été de nature à les rassurer. Après la hausse de trois points sur la taxe foncière en 2013, ils ont effet appris en juin dernier que les taux des taxes d’habitation et foncière seraient augmentés de trois points en 2014. «Quand je me suis installée ici voilà trente ans, les impôts étaient deux fois moins chers qu’à Taverny. Maintenant, c’est pire », déplore une habitante. Une autre s’inquiète déjà d’une nouvelle hausse d’imposition en 2015. « Vu l’état des finances et la durée des emprunts toxiques, la municipalité n’aura pas le choix », croit-elle savoir. Devant la démonstration comptable du cabinet, certains s’étonnent que l’audit ne se concentre que sur l’exercice 2013. « Des irrégularités ont forcément été commises les années précédentes », fait ainsi remarquer un homme dans l’assistante. Un autre souhaite connaître « les coupables » et ne comprend pas qu’un « faux en écriture » n’entraîne pas de poursuites judiciaires.
 

Villes en faillite… la suite d’Envoyé Spécial

Après le reportage diffusé il y a 2 ans, Envoyé Spécial est revenu ce samedi 10 mai sur le dossier des emprunts toxiques qui empoisonnent plusieurs milliers de communes et de collectivités.

Souvenez-vous, nous avions projeté le reportage initial dans le cadre de notre soirée “Comprendre les emprunts toxiques” en octobre 2012 (vidéos à revoir)

Voici la suite :

20140510

En janvier dernier, Laurence DELLEUR (France 2)  nous avait rencontré pour enrichir ce documentaire d’une séquence de 10 minutes sur le cas de Beauchamp.

Celle-ci n’a malheureusement pas été intégrée au montage diffusé sur France 2.

Il y a deux ans, en mai 2012, Envoyé spécial s’intéressait au dossier des emprunts toxiques qui empoisonnent plusieurs milliers de communes et de collectivités. Des crédits à hauts risques, imaginés par les banques et notamment Dexia, la banque historique des collectivités locales, dont les taux d’intérêt s’étaient dangereusement envolés.

Parmi les collectivités touchées, des départements comme la Seine-Saint-Denis, des villes grandes et moyennes comme Saint-Etienne et Sassenage et des petites communes de moins de 10.000 habitants comme Saint-Cast-le-Guildo, où les élus sans formation financière avaient fait confiance à leur banquier.

Deux ans après notre premier reportage, où en sont-ils ? Ces emprunts pèsent toujours dans le budget de milliers de communes, départements, sociétés HLM ou encore hôpitaux. Comment ces clients endettés font-ils pour s’en sortir ? Certains ont renégocié leurs contrats, d’autres ont suspendu le remboursement des intérêts. Et surtout, ils sont désormais plusieurs centaines à avoir saisi la justice.

En février 2013, le conseil général de la Seine Saint-Denis a remporté une première manche contre Dexia devant le tribunal de Nanterre. Problème : c’est l’Etat qui a racheté la banque fin 2011, pour lui éviter la faillite. Désormais, gagner au tribunal contre Dexia, c’est donc pénaliser les finances de l’Etat. Bercy cherche donc à tout prix une parade. Plusieurs élus, dont le maire de Sassenage que nous avions suivi en 2012, tentent de l’en empêcher, mais le combat est inégal…
Retour sur un grand scandale qui n’a pas fini de faire des dégâts.

Un reportage de Laurence Delleur

Le Parisien : Le maire ne pourra plus gérer les emprunts

Le maire ne pourra plus gérer les emprunts

Alexandre Boucher | Publié le 08.10.2013, 07h00

 Beauchamp, hier soir. Le maire, Raymond Lavaud (UMP), a proposé lui-même le retrait de sa délégation de signature. Il a renégocié l’un des emprunts toxiques contractés auprès le la banque Dexia, sans en informer ses adjoints.

Beauchamp, hier soir. Le maire, Raymond Lavaud (UMP), a proposé lui-même le retrait de sa délégation de signature. Il a renégocié l’un des emprunts toxiques contractés auprès le la banque Dexia, sans en informer ses adjoints. |(LP/A. B)

Zoom

«Je vous propose l’abrogation de l’alinéa 3 de l’article 1 de la délibération du 17 mai 2010. » C’est en ses termes que Raymond Lavaud, le maire UMP de Beauchamp, a demandé lui-même aux élus de lui retirer la délégation de signature des emprunts lors du conseil municipal extraordinaire hier soir. Il a été entendu. Les conseillers municipaux ont voté à l’unanimité le retrait d’une délégation l’autorisant à « procéder à la réalisation des emprunts destinés au financement des investissements prévus par le budget et aux opérations financières utiles à la gestion des emprunts, y compris les opérations de couvertures des risques de taux et de change et passer à cet effet les actes nécessaires, pour un montant maximum de 8 M€. »

Ce résultat était prévisible depuis le conseil municipal ordinaire du 16 septembre. Ce jour-là, Raymond Lavaud annonçait avoir renégocié un des trois emprunts toxiques contractés auprès de la banque Dexia. Cette décision, prise seulement quelques mois après la mise sous tutelle du préfet et sans en informer ses adjoints, avait provoqué la démission de quatre d’entre eux. Et gonflé la colère des élus de l’opposition qui ont entrepris les démarches pour convoquer ce conseil municipal extraordinaire. Mais Francine Occis et Patrick Planche, qui conduiront respectivement les listes Beauchamp à votre image et Alternative citoyenne pour Beauchamp lors des prochaines élections municipales, n’étaient « pas dupes ». En demandant lui-même l’abrogation, ils estiment que le maire a réalisé « une pirouette visant à sauver le soldat Françoise Nordmann en vue des municipales. »

« Ça n’a aucun rapport, coupe Raymond Lavaud. C’est trop tôt pour dire si je soutiendrai quelqu’un. J’y réfléchis. Je ne m’occupe pas des personnes mais des idées. J’ai renégocié un emprunt toxique sous le contrôle des services financiers de la préfecture. Si j’ai proposé moi-même de me retirer la délégation de signature, c’est parce que je ne trouvais pas raisonnable, à six mois des élections, de continuer à prendre seul les décisions. »

Françoise Nordmann, qui bénéficie de l’investiture de l’UMP et de l’UDI, se montrait également critique envers une opposition qui « fait tout ce cinéma autour des finances en vue des élections également. » « En 2010, il n’y avait pas d’élections municipales et Mme Nordmann a voté pour donner cette délégation au maire », rétorque Francine Occis.

Le Parisien

Retrait de délégation de signature du Maire pour les emprunts

C’est l’unique point à l’ordre du jour du prochain conseil municipal qui se déroulera ce lundi 7 octobre à 19h, Hôtel de Ville.
Ce conseil municipal est convoqué à la demande de 11 élus : Colette AUZEMERY, Véronique AVELINE, Maurine BLANCHARD, Franck BOULLÉ, Sylvia CERIANI, Valérie GONCALVES, Danièle IDJAKIREN, Isabelle MERLAY, Francine OCCIS, Michel PELAMOURGUES, Patrick PLANCHE.

  • 1. Adoption du procès-verbal de la réunion du 16 septembre 2013
  • 2. Délibération du 17 mai 2010 – abrogation de l’alinéa 3 de l’article 1
  • 3. Application des articles 22 et 23 du règlement intérieur
  • 4. Affaires diverses

Le Parisien : La renégociation d’un emprunt toxique provoque un nouveau clash

La renégociation d’un emprunt toxique provoque un nouveau clash

Alexandre Boucher | Publié le 23.09.2013, 07h00

La commune de Beauchamp sortira-t-elle de la crise? En proie à des difficultés financières, la ville est sous tutelle du préfet depuis avril. Ce dernier avait suivi les préconisations de la chambre régionale des comptes (CRC) en décidant d’augmenter les impôts via la taxe foncière. Lundi, lors du conseil municipal, un nouvel épisode est venu noircir le tableau. A la grande surprise des autres élus, le maire (UMP) Raymond Lavaud a annoncé avoir renégocié un des trois emprunts toxiques contractés auprès de la banque Dexia. Cette décision, prise sans en informer ses adjoints, a provoqué la démission immédiate de trois d’entre eux. Une quatrième devrait bientôt suivre.

« Ils ont mis la commune sous tutelle en m’empêchant de gouverner. J’ai donc trouvé normal de ne pas les consulter, explique Raymond Lavaud. J’ai toujours dit qu’il fallait sortir des emprunts toxiques. J’ai demandé l’autorisation au préfet de renégocier. J’ai autorité pour le faire. »

Un pouvoir que l’édile devrait perdre puisqu’il recevra bientôt un courrier lui intimant de convoquer un conseil municipal extraordinaire sous un mois avec l’obligation de mettre à l’ordre du jour le retrait de sa délégation de signature des emprunts. « On ne va pas le laisser continuer à faire n’importe quoi, annonce Franck Boullé, l’adjoint démissionnaire des finances. Pour décrocher un nouveau prêt de 690 000 €, il a renégocié le moins coûteux et le moins risqué des trois prêts toxiques. Il vient d’augmenter l’endettement, déjà lourd de la ville, de 3,7 M€ sur une durée de 24 ans, dont 3 M€ rien qu’en indemnités compensatrices de refinancement du prêt. On vient de passer d’un taux de 3,35 à 4,99% sur 24 ans et en plus on s’est pris une indemnité de remboursement anticipé de 600 000 €. »

Incompréhension et colère dominent dans l’opposition

Raymond Lavaud, lui, prétend avoir « travaillé dans l’intérêt de la commune. J’ai pris des conseils, je ne suis pas parti à l’abordage. On avait des taux qui pouvaient fluctuer. Là, on aura des taux fixes pas excessifs. On pourra savoir où on va. » Une vision que ne partagent pas les différents élus de l’opposition où l’incompréhension et la colère dominent. Pour Guy Bréchoteau, secrétaire adjoint du PS, ce nouvel épisode est « totalement surréaliste et grave », quand Patrick Planche et Francine Occis, qui conduisent respectivement les listes Alternative citoyenne pour Beauchamp et Un nouvel élan pour Beauchamp aux municipales de 2014, pensaient que la « mise sous tutelle avait signifié la fin des choix financiers catastrophiques. »

Françoise Nordmann, ancienne 1re adjoint qui s’était vu retirer sa délégation en mai 2012, s’est montrée moins virulente que lors de la mise sous tutelle. « Les difficultés financières de la ville ne datent pas d’aujourd’hui, indique la candidate aux municipales, investie par l’UMP. Le maire a renégocié un prêt potentiellement toxique. Ce qui m’intéresse c’est l’avenir. Pour les finances, on gérera ça en 2014. »

Le Parisien